Comment lancer un jardin collectif

Dans le désir de voir davantage des espaces de jardinage collectif pousser, nous partageons volontiers nos expériences. Voici quelques pistes pour lancer un jardin collectif.

Trouver un terrain

Pour jardiner, il faut

  1. 6 – 8h du soleil minimum. Il est possible de jardiner dans l’ombre, mais plus difficile. Pour savoir l’ensoleillement, l’idéal est d’identifier les zones d’ombre à 9h, 12h, 15h idéalement en printemps ou automne (vu que l’angle du soleil est plus bas). La superposition vous donne la zone avec un ensoleillement approprié.
  2. de l’eau. On peut se raccorder sur un immeuble (préférable) pour récolter l’eau de pluie dans des cuves, ou sur un raccordement d’eau potable existant. Il est très onéreux de se brancher directement sur l’eau de pression (>9000 CHF pour un réducteur de pression, qui doit être dans un abri adéquat!) Pour puiser dans une rivière, se renseigner sur les autorisations. Pour la récupération d’eau de pluie, identifier la durée de sécheresse maximal, il faut 10-20l/m2 d’arrosage/pluie par semaine environ. Au Toutpousse pour env. 400m2 de cultures, nous payons un voisin pour l’eau et remplissons 4 cuves de 1000l environ chaque mois. Dans notre cas, nous avons un compteur dédié, mais on pourrait tout simplement payer la facture entière du donateur d’eau, vu que l’eau potable est peu onéreux comparé au prix d’un compteur.
  3. de la terre. Il est tout a fait possible de jardinier dans des conteneurs hors-sol, si la terre est couverte par le goudron ou empoisonné. De toute façon, il est recommandé de tout faire pour un sol vivant!

Pour identifier le propriétaire d’un terrain sur Vaud, on peut utiliser le site geo.vd.ch. Il est lié avec le registre foncier qui contient tout les propriétaires par no. de parcelle ainsi que son affectation. Attention aux parcelles agricoles, il y a des restrictions d’usage/construction! Pour d’autres restrictions, consulter le plan d’affectation de la commune.

Trouver des partenaires

Avec qui souhaitez-vous jardiner? Des amis, des voisins, des institutions (école, EMS, …), des enfants? Pour lancer le projet, il suffit d’être une poignée, mais mieux vaut associer le plus de monde possible au plus tôt possible. Pour le Toutpousse, l’intérêt de l’école était un argument décisif pour le propriétaire. Parler à plus de personnes possible! Dans nos débuts, nous avons été accompagné un bout par Equiterre dont le projet des http://www.potagersurbains.ch/ a inspiré nos démarches. Malheureusement, la loterie Romande n’a pas voulu financer leur travail. Espérons qu’ils ont changé de politique depuis.

Comment prendre contact avec tout ce monde? Nous avons organisé une réunion d’information pour lancer le jardin, et les membres qui se sont inscrits ce soir-là sont aujourd’hui les piliers du jardin. Nous avons invités à cette réunion par des affiches dans le quartier, mais on pourrait également imaginer des flyers dans les boites aux lettres comme ont fait nos amis des écojardins de Morges ou bien encore une affiche ou petite action sur le terrain même. Ne pas sous-estimer le bouche-à-l’oreille  (notamment des personnes qui ont beaucoup de contacts) et les médias tel que presse, facebook, publications de la commune, etc.

Ceci aussi à un prix. On se rendra vite compte que la communication peut facilement coûter autour des 1000 CHF. Nous avons été soutenue dans cette phase critique par l’imprimerie Appi qui nous ont gracieusement imprimé affiches et dépliants ainsi que par arobas qui nous a offert un logo.cropped-logo_jardins_educatif_trspt_web.png

S’organiser en association est d’un grand avantage pour tous les contacts « officiels »- cela rassure le propriétaire et crée une entité juridique pour les contrats, dons etc. Si vous êtes sur la Côte, nous vous accueillons volontiers aux Jardins Éducatifs de la Côte pour la première année. Une fois en route, les jardiniers du nouveau projet décideront comment ils souhaitent continuer.

L’accord du propriétaire

Comment obtenir l’accord du propriétaire? Déjà, il est utile de penser aux frais/revenus attaché à la parcelle donné. Un terrain ne restera en herbe par exemple que s’il est fauché/broyé 2x/an, ce qu’il faut payer. Sera-t-il financièrement intéressant de vous prêter le terrain?

Nous avons conclu un prêt à l’usage avec le propriétaire de la parcelle du Toutpousse – la SEIC nous prête gracieusement le terrain. Un tel contrat spécifie les conditions du prêt, les droits et responsabilités des deux parties et les conditions de sortie/fin de contrat.

Le fric

Eh oui, il y a des frais – dans notre cas, le montant le plus important était pour la barrière autour du jardin, condition pour notre travail avec les écoliers. Nous avons reçu en sponsoring des commerçants de Mauverney exactement le montant pour le matériel et la pose, qui nous a été fourni à un excellent prix par M. Pasche de Duillier. La paroisse de Gland nous a dédié une collecte, qui a payé le matériel pour l’abri. Des particuliers nous ont fait des dons, que nous remercions à travers des plaquettes pyrogravés vers l’entrée. Ceci nous a permis d’acheter deux caisses d’outils, des plantes, deux composteurs et des outils en complément de ceux que nous avons reçus. Un don généreux des soroptimistes Nyon et de l’entreprise IMI nous a permis d’acheter une bâche et un panneau pour l’entrée. En gros, l’aménagement du jardin a coûté moins que 4.000 CHF, que nous avons trouvé au fur et au mesure. Nous n’avons reçu aucune subvention.DSC_7990

Dans quel ordre?

Pour le Toutpousse, nous avons identifié le terrain, contacté le propriétaire,  conclu un contrat, ensuite invité des jardiniers potentiels. Il faut compter un an environ avant de pouvoir planter. Le désavantage de notre démarche était que nous avons dû prendre un certain nombre de décisions en aval (aménagement etc), donc moins de marge de manœuvre. Aussi le travail initial était repartie sur peu d’épaules…

Ressources

Réussir le développement d’un jardin éducatif – Recueil d’aide au montage d’un projet de jardin éducatif en Alsace
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Une réflexion sur “Comment lancer un jardin collectif

  1. A reblogué ceci sur ecojardinsmorgeset a ajouté:
    Je « re-bloggue » cet article publié par nos amis de Gland (« Jardins éducatifs de la Côte »), car je pense qu’il peut aussi, une fois ou l’autre, intéresser des Morgiens.
    Bien sûr, chaque réalité est différente, ici à Morges nous n’avons par exemple jamais tenté de nous faire sponsoriser par des commerçants. Mais pour l’essentiel, les nécessités décrites sont les mêmes.

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